Récapitulatif
Le commerce agentique est une nouvelle façon d’acheter et de vendre dans le cadre de laquelle des agents d’IA peuvent repérer, évaluer et conclure des achats pour le compte de clients ou d’entreprises, réduisant ainsi les interventions manuelles à chaque étape. Pour les entreprises canadiennes, il s’agit d’un nouveau canal de découverte et de génération de demandes, et non une perturbation qu’il faut gérer du jour au lendemain. Le présent article explique ce qu’est le commerce agentique, son importance pour l’expérience client et les points que les entreprises canadiennes devraient anticiper dès maintenant afin d’être prêtes lorsque les clients commenceront à adopter de nouvelles façons d’acheter.
Qu’est-ce que le commerce agentique?
Le commerce agentique est une forme émergente de commerce numérique dans laquelle des agents logiciels, souvent basés sur l’intelligence artificielle, agissent pour le compte de clients ou d’entreprises pour rechercher, évaluer, acheter et gérer des biens et des services.
Contrairement à l’automatisation ou au commerce électronique traditionnel, les systèmes agentiques fonctionnent sur la base d’une délégation d’autorisations. Ils ne se contentent pas d’aider les utilisateurs. Ils agissent en leur nom, dans le cadre de contraintes bien définies. Par exemple, un agent d’achat basé sur l’IA pourrait trouver le meilleur prix pour un produit d’usage courant, passer la commande, organiser la livraison et imputer le montant au budget, le tout sans que le client n’ait à intervenir à quelque moment que ce soit.
Pour les clients, cela peut signifier moins d’étapes, moins de complications et une plus grande assurance que leurs achats courants sont traités d’une manière fiable. Pour les entreprises, cela peut se traduire par un taux de conversion plus élevé, une meilleure rétention des clients et des achats plus prévisibles si l’expérience est fiable et transparente.
Forte d’une expertise approfondie dans le domaine des paiements au Canada, Moneris perçoit déjà les premiers signes de l’émergence du commerce agentique. À mesure que les achats s’orientent vers des interactions basées sur l’IA, l’infrastructure commerciale qui relie les entreprises à leurs clients au moment du paiement doit prendre en charge ces nouveaux comportements de manière sécuritaire et fluide, qu’ils soient initiés par une personne ou par un agent. Moneris s’emploie à aider les entreprises à s’adapter à l’évolution des attentes des clients.
Un système de commerce agentique est généralement capable de :
- découvrir des produits et des services sur les canaux numériques
- évaluer des options en fonction de règles prédéfinies ou de préférences apprises
- faire des paiements et réaliser des transactions
- gérer des opérations post-achat telles que le rapprochement, les remboursements ou les renouvellements
Il s’agit d’une évolution par rapport au modèle commercial traditionnel, dans lequel les clients naviguent, comparent et effectuent les achats par eux-mêmes, vers un modèle où des agents IA peuvent se charger de ces étapes à leur place. Pour les entreprises, cela représente un nouveau canal de découverte et de demande. Cela transforme le parcours client, de la découverte du produit jusqu’au paiement, en passant par le service et l’assistance, et place la barre plus haut en matière de fiabilité, de transparence et de contrôle.
Pourquoi les entreprises canadiennes devraient-elles s’y intéresser dès maintenant?
Le commerce agentique n’est pas une chose dans laquelle les entreprises doivent se précipiter. C’est une chose que les entreprises doivent comprendre et pour laquelle elles devraient commencer à se préparer.
Sa lancée est bien réelle. Selon les données de KPMG Canada, 91 % des entreprises canadiennes se préparent déjà à l’arrivée des systèmes agentiques d’IA, et 27 % d’entre elles les ont déjà mis en place. Les principaux réseaux de paiement et les grandes entreprises technologiques s’activent pour installer les systèmes nécessaires à cette fin. Des agents d’achat IA sont déjà disponibles sur les principales plateformes de vente en ligne.
Pour les entreprises, le commerce agentique offre aux clients un nouveau moyen de vous trouver et d’acheter vos produits. Plutôt que de naviguer sur un site Web ou de se rendre en magasin, l’agent IA d’un client pourrait découvrir vos produits, comparer les prix et effectuer un achat au nom du client, le tout depuis l’interface de l’agent.
Les entreprises qui se préparent dès maintenant seront les mieux placées pour capter ce trafic généré par les agents lorsqu’il prendra de l’ampleur. Celles qui attendront pourront peut-être profiter des contacts, des protocoles et des relations de confiance déjà établis par d’autres.
Mais la préparation ne se limite pas à la technologie. Cela implique de se concentrer sur l’expérience client : transparence, autorisations claires, facilité de rétablissement du service et forte confiance dans la marque.

Que signifie le commerce agentique pour l’expérience client?
Pour la plupart des entreprises, le commerce agentique se fera d’abord sentir au niveau de l’expérience client, et non au niveau des systèmes dorsaux. Le parcours du client évolue de manière significative :
La phase de découverte évolue. Il se peut que les clients ne se rendent pas directement sur votre site Web. Leur agent IA peut vous identifier à partir des données sur les produits, des avis et des informations sur les prix mis à disposition au moyen des normes ouvertes et des données structurées.
Modifications apportées au processus de paiement. Plutôt qu’un client passe sa carte ou clique sur un bouton, un agent peut initier et achever un achat pour son compte, grâce aux autorisations qui lui ont été conférées et en s’appuyant sur des règles prédéfinies.
Les attentes après l’achat augmentent. Lorsqu’un agent gère un achat, les clients s’attendent à bénéficier du même niveau de contrôle et de transparence qu’aujourd’hui : des notifications claires, des procédures de remboursement faciles d’accès et la possibilité de suspendre ou d’annuler l’intervention de l’agent à tout moment.
La confiance envers la marque est encore plus importante, et certainement pas moins qu’avant. Dans un monde où les agents sont omniprésents, les clients jugeront les marques non seulement en fonction de la rapidité des achats, mais aussi de la qualité de la gestion des exceptions. Une livraison manquée, des frais imprévus ou un remboursement compliqué ébranleront rapidement la confiance, surtout si le client n’a pas participé directement à la transaction.Les entreprises qui réussiront seront celles qui parviendront à rendre les achats effectués par un agent aussi sûrs et simples que les meilleures expériences de paiement actuelles, avec des contrôles renforcés et une responsabilité accrue.
Qui contrôle l’expérience client dans un monde axé sur l’agent?
À mesure que le commerce agentique prendra de l’ampleur, les entreprises devront choisir la manière d’y participer. Certaines plateformes et certains écosystèmes proposeront de gérer l’intégralité du parcours client piloté par des agents pour le compte de l’entreprise, y compris le paiement, la communication avec le client et la résolution de problèmes. Si cela peut sembler pratique, cela implique aussi de renoncer à la visibilité sur la manière dont vos clients effectuent leurs achats, sur les montants facturés et sur la résolution des problèmes.
L’autre option consiste à conserver le modèle traditionnel de « commerce avec références et dossiers », où le vendeur garde le contrôle du paiement, de l’exécution de la commande et de la relation client, même lorsqu’un agent IA intervient dans la transaction.
Cela est important, car :
- Les clients s’y attendent. En cas de problème, le client s’adresse à l’entreprise auprès de laquelle il a effectué son achat, et non à l’agent IA qui a passé la commande.
- La réglementation l’exige. Les cadres canadiens de protection des consommateurs et de protection des renseignements personnels tiennent les entreprises responsables des transactions et du traitement des données, quel que soit le mode d’initiation de la transaction.
- L’expérience de marque en dépend. Si le processus de paiement est géré par une plateforme tierce ou un écosystème fermé, l’entreprise perd toute visibilité sur l’expérience client et la possibilité de résoudre directement les problèmes.
Les entreprises canadiennes doivent se méfier avant de s’engager dans des écosystèmes d’agents fermés ou propriétaires qui dictent les conditions, les frais et l’expérience client. Les normes ouvertes protègent la liberté de choix et permettent aux entreprises de participer au commerce par agents selon leurs propres conditions.

Pourquoi la confiance et la sécurité sont indissociables
Lorsqu’on effectue une transaction, l’intention est claire. Une personne saisit le code PIN de sa carte, appuie sur un appareil ou clique sur un bouton de confirmation. L’intention est exprimée instantanément.
Lorsqu’un agent effectue une transaction, l’intention doit pouvoir être vérifiable. L’agent agit en vertu d’une autorisation accordée préalablement par un consommateur, une entreprise ou un autre système. Cette autorisation déléguée doit être vérifiable, limitée dans le temps et révocable.
Du point de vue du client, c’est ce qui fait la différence entre « pratique » et « préoccupant ». Les clients feront confiance aux agents lorsqu’ils pourront clairement voir :
- Ce que l’agent est autorisé à faire
- Les limites en vigueur
- Comment corriger les erreurs
- Qui est responsable en cas de problème
Cela nécessite une infrastructure conçue pour :
- La vérification d’identité et la gestion des autorisations déléguées
- La transformation en jetons et la gestion sécurisée des identifiants
- Les contrôles des transactions basés sur des politiques
- La surveillance, la journalisation et l’auditabilité de bout en bout
La confiance n’est pas une fonctionnalité. C’est le fruit d’une architecture. Au Canada, où les attentes des consommateurs en matière de protection des renseignements personnels et d’intégrité financière sont élevées, il ne s’agit pas là de simples promesses. Il s’agit d’une exigence réglementaire et opérationnelle de base. La confiance est ce qui permet au commerce agentique de passer du statut de simple nouveauté à celui d’une expérience client reproductible et évolutive.
Quels sont les points que les entreprises canadiennes devraient prendre en compte pour se préparer?
Pour les entreprises canadiennes, le commerce agentique représente une occasion intéressante à la condition d’être abordé de manière réfléchie. Voici les principaux points à prendre en compte :
Préparation de l’expérience client. Mettez en place des contrôles clients clairs, tels que des limites de dépenses, des marques préférées et des règles de substitution. Veillez à ce que les notifications soient transparentes et à ce que les procédures pour régler les différends et obtenir un remboursement soient simples. Dans un monde axé sur l’agent, le parcours client sera aussi important que le parcours d’achat.
Souveraineté des données. Les entreprises canadiennes doivent s’assurer que les données relatives aux transactions effectuées par des agents, y compris les registres des décisions prises par ces agents et les dossiers de délégation des consommateurs, demeurent de compétence canadienne, conformément aux obligations prévues par la Loi sur la protection des renseignements personnels et les documents électroniques (LPRPDE) et au cadre évolutif des services bancaires axés sur le consommateur (aussi appelés « services bancaires ouverts »).
Conformité réglementaire. La Loi sur les activités de paiement de détail (LAPD) est désormais pleinement en vigueur, la Banque du Canada assurant la surveillance active des fournisseurs de services de paiement enregistrés et veillant à leur conformité. Les paiements effectués par des agents seront vraisemblablement assujettis à ces exigences, qui comprennent notamment la mise en place de cadres de gestion des risques opérationnels, la protection des fonds des utilisateurs finaux et le signalement des incidents. Les entreprises et leurs partenaires de paiement doivent s’assurer que leur planification de la conformité tient compte des modèles de transactions effectuées par des agents.
Préparation opérationnelle. Les systèmes et les équipes doivent être prêts pour la prise de décision automatisée. Cela comprend la gestion des exceptions lorsque les agents agissent en dehors des paramètres prévus, des pistes d’audit conformes à la fois aux exigences de gouvernance interne et aux contrôles réglementaires, ainsi qu’une transparence envers les clients quant aux autorisations accordées aux agents.
Stratégie de plateforme. Les entreprises canadiennes devraient éviter de s’enfermer dans des écosystèmes d’agents fermés ou propriétaires. Les connecteurs basés sur des normes ouvertes, tels que le Model Context Protocol (MCP) (protocole de contexte modèle), qui constituent l’« infrastructure » permettant aux agents d’IA de se connecter aux systèmes d’entreprise et d’effectuer des transactions en toute sécurité, devraient être au cœur d’une stratégie de plateforme. Les intégrations basées sur le MCP permettent de préserver la flexibilité et de réduire les coûts de migration à mesure que le paysage évolue.
Le milieu des affaires canadien valorise la fiabilité. Les systèmes agentiques doivent gagner la confiance du client grâce à un fonctionnement constant et prévisible. Ils doivent également être auditables en cas de questions. La fiabilité est un engagement envers le client. Et dans un monde axé sur les agents, les clients jugeront les marques sur leur capacité à gérer les exceptions, et non seulement sur la rapidité des achats.

Comment Moneris se prépare pour la suite
Chez Moneris, notre priorité n’est pas la nouveauté à tout prix, mais l’innovation responsable. Nous avons été la première entreprise de services de paiement Interac en ligne au Canada (désormais avec Konek), la première à déployer la technologie des puces EMV (développées par Europay, Mastercard et Visa) aux points de vente et la première à offrir le paiement mobile par débit. Chacune de ces étapes importantes a été rendue possible grâce à une infrastructure qui privilégie la stabilité et la confiance, et non la simple fonctionnalité.
Cette même approche s’applique au commerce agentique. À mesure que les modèles agentiques évoluent, Moneris veille à ce que les entreprises canadiennes puissent y adhérer en toute confiance, sans complexité supplémentaire ni perte de contrôle. Qu’il s’agisse d’atteindre les clients au moyen de nouveaux canaux basés sur l’IA, de sécuriser le processus de paiement ou de rester flexible face à l’évolution du marché, l’objectif est le même : aider les entreprises à être prêtes lorsque leurs clients commenceront à acheter différemment.
- Être présent là où les clients achètent, notamment au moyen de plateformes basées sur l’IA et des écosystèmes d’agents, sans avoir à reconstruire vos systèmes existants ni à gérer vous-mêmes de nouvelles intégrations.
- Garder le contrôle de la relation client en préservant la manière dont les entreprises gèrent le paiement, l’exécution des commandes et la gestion du service après-vente, même lorsqu’un agent IA amorce la transaction.
- Conserver la flexibilité et la liberté de choix grâce à la prise en charge de normes ouvertes qui permettent aux entreprises d’interagir avec différentes plateformes d’agents sans être prisonnières d’un seul écosystème.
- Évoluer à votre rythme, en toute confiance, sachant que l’infrastructure commerciale sous-jacente est sécurisée, fiable et conçue pour s’adapter à mesure que les modèles d’agents évoluent.
Notre rôle consiste à aider les entreprises canadiennes à se préparer de manière responsable, et à leur propre rythme. Le commerce agentique est un nouveau canal de découverte et de demande. Les entreprises n’ont pas besoin de se précipiter. Il s’agit de s’assurer qu’elles soient prêtes lorsque les clients commenceront à acheter différemment.
Le commerce agentique évoluera rapidement. L’infrastructure qui le soutient doit être suffisamment robuste pour accompagner cette évolution, sans devoir être reconstruite à chaque changement de contexte. Car, même si l’expérience change du jour au lendemain, les clients s’attendent à ce que tout fonctionne sans problème.
Conclusion
Le commerce agentique émerge déjà dans tous les secteurs, les places de marché numériques et les processus d’approvisionnement des entreprises, et redéfinit la manière dont les clients découvrent, décident et achètent. Les agents d’achat IA sont désormais disponibles sur les principales plateformes de vente en ligne. Le commerce entre agents, sans intervention humaine, connaît aussi un essor rapide.
Le succès à long terme ne dépendra pas de celui qui conçoit l’agent le plus intelligent. Il dépendra de celui qui saura gagner la confiance des clients et offrira l’expérience la plus fiable, la plus transparente et la plus maîtrisable à chaque étape du parcours.
Pour les entreprises canadiennes, le message est clair : il est temps de se préparer afin de rester visibles, dignes de confiance et maîtres de la situation face à l’évolution des comportements d’achat de leurs clients.
Profil de l’autrice
Mia Huntington
Cheffe des ventes et du marketing
Mia Huntington est cheffe des ventes et du marketing à Moneris. Elle dirige également les équipes des ventes, des partenariats et de marketing de l’entreprise. Comptant plus de 20 ans d’expérience dans les services financiers et la technologie, elle est connue pour stimuler la croissance et l’innovation. Auparavant, chez Elavon et Unisys, Mia a lancé des solutions transformatrices, comme « Achetez maintenant, payez plus tard ». Le style collaboratif de son leadership inspire les équipes et renforce la position de Moneris en tant que partenaire commercial de confiance.